Gastronomie
Les meilleurs nouveaux restos canadiens 2009
Notre palmarès des 10 meilleures tables du pays.
N˚4
Atelier
OTTAWA
1 Le chef de l’Atelier, Marc Lépine. 2 À l’Atelier, contrefilet de chevreuil avec maïs, truffe et ale Tankhouse de la Mill St. Brewery.
Un obsédé de gastronomie moléculaire dans la trentaine ouvre un minuscule resto indépendant (sans même une enseigne) dans un quartier excentré d’une ville célèbre pour sa frilosité culinaire et a le culot de n’y proposer qu’un menu dégustation de 13 services à une poignée de clients chaque soir. En pleine récession. Chronique d’une mort annoncée ? Presque sûrement. Mais ce sera une maudite belle mort.
Le bébé du chef Marc Lépine est l’un de ces rares établissements imbus de science où manger n’est pas une corvée. Ce qu’on y sert est à se damner : effiloché de confit de canard, petits gnocchis joufflus au chèvre, purée de topinambours, feuilles de sauge à l’ananas, figue saisie et petits bouts de « papier » de figues et de prunes. Ou une soupe à la poire caramélisée et au raifort couronnée de miel de sureau baratté (étrange, mais divine). En entremets, on sert une gelée de triple sec avec des ziti d’ananas surgelé presto ; les clients y mettent la touche finale en débouchant une éprouvette (intégrée dans le manche d’une cuiller) remplie de sangria, qu’ils versent sur le tout.
À 85 $, c’est donné. Dépêchez-vous, avant qu’il ne soit trop tard.
540 Rochester St., Ottawa, 613-321-3537, atelierrestaurant.ca
Visitez la section Boire et manger de notre guide de voyage sur Ottawa pour découvrir nos suggestions sur la scène culinaire d'Ottawa.
N˚5
Murray Street
OTTAWA
1 L’assiette de carrés maison du Murray Street. 2 La salade maison du Murray Street (quinoa grillé, noix épicées, pousses d’épinard, fromage de la Fifth Town Artisan Cheese chaud et vinaigrette aux cerises à grappes) équilibre les minces tranches de bœuf O’Brien Farms d’élevage naturel avec gousses d’asclépiades marinées et copeaux de fromage Glengarry Fen.
Du côté anglo, le Murray Street est peut-être ce qui se rapproche le plus de l’esprit du célèbre Au pied de cochon de Montréal (voir No 6 pour sa nouvelle antenne): le chef et copropriétaire Steve Mitton raffole des coupes peu prisées de porc et de gibier et fait ses choux gras de variations hypercaloriques des classiques de la cuisine populaire. Mais ce bijou du marché By n’a rien d’une pâle copie.
Avec un art consommé, Mitton mitonne une flamboyante cuisine champêtre du Haut-Canada, tout en jetant, à l’occasion, un œil envieux sur la gastronomie québécoise. Vous prendrez bien une langue de wapiti marinée, grillée et posée sur un quignon grillé tartiné de moutarde Mrs. McGarrigle’s ? Le porc local « du groin à la queue » (la cuisine dépèce un cochon par semaine) est une portion juteuse d’épaule confite, farcie de Tomme Haut-Richelieu crémeux. Spaetzle, rhubarbe, viandes en pot et marinades occupent aussi
le haut de l’affiche. Les desserts font penser à une vente de pâtisseries de sous-sol d’église. Délicieusement authentique, l’assortiment de carrés est même servi sur une vieille assiette en porcelaine. Bord ébréché non compris.
110 Murray St., Ottawa, 613-562-7244, murraystreet.ca
Visitez la section Boire et manger de notre guide de voyage sur Ottawa pour découvrir nos suggestions sur la scène culinaire d'Ottawa.
N˚6
Cabane à sucre Au pied de cochon
SAINT-BENOÎT DE MIRABEL
1 La tourtière feuilletée (et ultracalorique) de la Cabane à sucre Au pied de cochon. 2 Gorka, serveur à la Cabane à sucre, porte une barbe à papa au sucre d’érable.
Fumantes, au goût de noix, les galettes de sarrasin se pointent en premier, avec un pichet de sirop d’érable. Serait-ce du foie gras dans la soupe aux pois ? Pas grave, un peu de gras animal n’a jamais tué personne. Suivent une omelette au maquereau fumé, de la poitrine et des oreilles de crisse, une pelletée de cretons et du saumon fumé fleurant l’oignon et l’aneth. Et on n’en est même pas au deuxième tiers du repas.
Dans sa cabane au fond des bois, Martin Picard, du vénéré Au pied de cochon, injecte une dose de raffinement dans une tradition chère aux Québécois. Gargantuesque (un demi-pâté doré et foncièrement viandu est vu comme de la tourtière pour deux, et les plats doivent bien peser 2 kg), un repas ici est une expérience qu’un gourmet ayant un bon coup de fourchette n’oubliera pas de sitôt.
S’il joue avec la tradition, Martin Picard a assez de jugeote pour reconnaître l’importance de certaines coutumes. L’évaporateur qui crache sa boucane sucrée dans la nuit carbure au bois, et le trio de desserts est suivi d’un plateau de glace pilée, d’un déluge de sirop et d’une palette. On a toujours de la place pour un peu de tire.
11382, rang de La Fresnière, Saint-Benoît de Mirabel, Québec, 450-258-1732, cabaneasucreaupieddecochon.com (De la mi-mars à mai)
Visitez la section Boire et manger de notre guide de voyage sur Montréal pour découvrir nos suggestions sur la scène culinaire de Montréal.
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